Falbalas

C’est parfois en commettant des erreurs qu’on fait d’heureuses découvertes. C’est ainsi qu’étant à la recherche du stand de Nuits de Satin aux Puces de Saint-Ouen (fermé), j’ai découvert le stand de Falbalas, ouvert par Françoise en janvier dernier, ex-vendeuse chez Nuits de Satin et spécialisée dans les vêtements anciens. Je dis vêtements anciens plutôt que Vintage, car ici, point de prétention à gonfler les prix sous prétexte de griffe, comme l’anglicisme pourrait l’indiquer. En revanche, de nombreux modèles cousus main par les doigts de fée de quelque talentueuse modéliste, de la robe du soir aux manches ballons (50 euros) à la petite jupe d’inspiration Céline (30 euros). Le choix est très large, depuis les courts corsages 1900 en drap de laine et col de dentelle (autour de 100 euros), jusqu’à des modèles aux vifs imprimés des années 60, en passant par toute une déclinaison de robes, de la lingerie, des uniformes anciens ou des manteaux. La sélection large se complète chaque semaine, et il y a de quoi se laisser tourner la tête une bonne heure par les lourdes étoffes, toutes en excellent état. La boutique propose aussi de très belles copies de chaussures rétro (environ 200 euros). Ajoutez à cette qualité un accueil expert et charmant et vous comprendrez pourquoi je classe immédiatement cette adresse au sommet de mon palmarès parisien.

C’est aussi en visitant Falbalas que j’ai enfin mis un nom sur le style années 50 que j’aime : le New Look. Epaules fines, taille serrée, jupe en corolle à mi-mollet, cette invention de Christian Dior, présentée lors de sa première collection en février 1947, a révolutionné une mode alors soumise au rationnement. Le New Look, qui reprenait certains codes de la Belle Epoque et connut de courtes années de gloire, habilla les oisives de la bonne société au mépris des coupes pratiques ayant déjà accompagné les débuts de la libération des femmes. Ce style Glamour ne peut que faire rêver les adeptes d’un corps sous contrôle à l’allure cinématographique, en une célébration du début de ces Trente Glorieuses qui donnèrent tant d’espoir à nos grands-parents. Objet de ma convoitise, une robe d’ottoman aux fibres presque dorées, ornée d’un sage décolleté maintenu par deux gros boutons, au col à trois grandes pointes gansé de noir, taille de guêpe et ampleur de bal des débutantes, devrait vite trouver une place de choix dans mon petit musée intime de pièces rares, chéries et fièrement portées.

Falbalas, Stands 284-285, Marché Dauphine, 140 rue des Rosiers, 93 400 St Ouen (06 10 58 58 78).

Robe de cocktail années 1960

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